Lutte contre le Sida : le Minjec en première ligne pour la prévention des jeunes

L’état des lieux de l’infection au VIH/SIDA reste tout de même préoccupant au sein des populations de manière générale, mais la situation est accentuée chez les adolescents et les jeunes, particulièrement chez les jeunes filles.

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Les statistiques de la quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDS) et la troisième Enquête à Indicateurs Multiples (MICS) réalisées au Cameroun par l’Institut National de la Statistique en 2011 soulignent que si la prévalence au sein de la population globale semble connaître une baisse considérable passant de 5,5% en 2004 à 4,3% en 2011, la même enquête a soulevé des préoccupations inquiétantes. En effet, l’enquête confirme la féminisation accrue du VIH, et que les adolescent(e)s et les jeunes qui constituent la frange la plus importante de la population, sont parmi les plus exposés aux risques d’infection. La même enquête (EDS-MICS 2011) atteste que la prévalence moyenne du VIH chez les adolescent(e)s et les jeunes de 15-19 ans est de 1,2 % (soit 2,2 % chez les filles et 0,4 % chez les garçons). Environ trois personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) sur cinq sont des femmes (60%). Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables au VIH. Elles représentent 7 jeunes séropositives de 15 à 24 ans sur 10 (70%) et ce taux plus élevé d’infection devrait perdurer durant les 10 prochaines années.

Cette situation particulièrement inquiétante qu’est la juvénilisation et la forte féminisation de la pandémie du VIH/SIDA au Cameroun comme en Afrique subsaharienne globalement est due, entre autres, à la non prise en compte des spécificités des adolescents et des jeunes dans les nombreuses politiques, stratégies et interventions de lutte développées et mises en œuvre. En combinant à cela les nombreuses difficultés rencontrées dans la lutte contre le VIH/SIDA de manière globale, il apparaît clairement et inéluctablement qu’il est plus qu’urgent de poursuivre les actions menées jusqu’alors, mais d’accentuer les efforts et d’affiner tous les aspects de la lutte en prenant en compte tous les manquements relevés par le passé, en l’occurrence la non prise en compte de la spécificité adolescents et jeunes et de toutes les couches vulnérables.

La prévalence élevée du VIH/SIDA chez les jeunes hypothèque le développement
De plus, le fort poids démographique des jeunes dans la population globale du Cameroun (environ 60%, d’après le 3ème Recensement Général de la Population Humaine - RGPH) impose de placer la lutte contre le VIH/SIDA chez les adolescents et les jeunes au centre des priorités de développement pour préserver la santé des générations présentes et futures. Ces jeunes à qui incombe largement la responsabilité de porter et de soutenir le processus de développement amorcé par le Pays. Ceci constitue, à n’en point douter, une garantie pour l’atteinte des objectifs de développement que s’est fixé le Cameroun en vue de son émergence à l’horizon 2035. Car si rien n’est fait comme l’indique le graphique ci-dessous, le nombre d’adolescents et jeunes (15-24 ans) va continuer de croître considérablement. L’épidémie du SIDA ralentit les efforts de développement économique et détériore le tissu social de la population. Le Groupe Technique Central du Comité National de Lutte contre le SIDA (GTC/CNLS) estimait en 2015, sur la base d’estimations et de projections générées en utilisant le Modèle d’Impact du SIDA (AIM), qu’il y a 141 nouvelles infections à VIH par jour au Cameroun, ce qui correspond à 6 nouvelles personnes infectées par heure, environ 141 par jour, soit 4 276 par mois et 51 315 par an.

Comme une réponse à cette problématique spécifique et en étroite synergie avec la réponse nationale, le Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique, dans le cadre du Programme de Coopération Cameroun – UNICEF 2013 – 2017, met en œuvre depuis l’année 2013, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF, un projet de Prévention primaire des IST/VIH/SIDA chez les adolescents et les jeunes pour prévenir la transmission du VIH chez les adolescents et les jeunes qui sont les plus touchés par cette pandémie.

Ce projet entend contribuer à améliorer l’efficacité de la réponse à la prolifération du VIH/Sida en milieu jeune. A travers les activités développées, les capacités organisationnelles des associations de jeunes sont renforcées à l’effet d’améliorer leurs performances en matière de planification et de mise en œuvre de leurs interventions. Il est mis à contribution des approches innovatrices de Communication pour le Développement (C4D) telles que la diffusion des séries radio-télévisées destinées aux jeunes, l’utilisation des réseaux sociaux et la plateforme U-Report. Ceci maintient l’approche de participation et de développement centrée sur l’adolescent et le jeune pour leur pleine participation aux processus décisionnels sur des questions socio-sanitaires et de développement les concernant.

La prévention comme recours ultime
En effet, il est question ici d’impliquer à tous les niveaux les adolescents et jeunes désormais comme acteurs majeurs de la lutte pour mieux adapter les actions à la cible et afin qu’ils s’approprient tout d’abord le combat et servent ensuite de relais auprès de leurs pairs.

La prévention des nouvelles infections est le moyen le plus efficace d’endiguer la pandémie, car il n’y a pas de guérison possible pour une personne atteinte du VIH et un vaccin contre ce virus n’a encore été mis au point jusqu’à ce jour. Des actions clés de prévention incluent la promotion de valeurs et conduites sexuelles responsables telles l’abstinence, la fidélité à un partenaire et l’utilisation correcte et systématique du préservatif lors des rapports sexuels à risque, la prévention et le traitement des IST. Il est tout aussi important pour les adolescents et les jeunes de connaître leur statut sérologique afin qu’ils adoptent les meilleures attitudes correspondantes. C’est ce qui fonde la priorité accordée à la promotion du Conseil et Dépistage Volontaire (CDV) et l’accompagnement des adolescents et jeunes vivant avec le VIH parmi les interventions prioritaires définies. Comme il a été souligné, toutes ces interventions dans le cadre du Projet sont menées sur le terrain par les adolescents et les jeunes organisés en associations et qui bénéficient de nombreux appuis en matériels, en formations et tout autre type d’accompagnement nécessaire en la matière.

En 2017, 60% des adolescents et les jeunes des milieux ruraux et urbains utilisent les services de prévention, se protègent du VIH et bénéficient d'une prise en charge globale en matière de lutte contre les IST, le VIH et le Sida. Il est donc question de renforcer les capacités organisationnelles des associations de jeunes à l’effet d’améliorer leurs performances en matière de planification et de mise en œuvre des interventions de prévention, d’améliorer la connaissance en matière de lutte contre les IST/VIH/SIDA chez au moins 60% des jeunes des localités prioritaires. L’amélioration de l’offre de services de qualité en SR/VIH/IST/ETP dans les structures d’encadrement des jeunes des localités prioritaires est à inscrire dans cette démarche, de même que le fait de permettre à au moins 90% des adolescents des localités de mise en œuvre de connaître leur statut sérologique.

La mise en œuvre du projet de prévention du VIH
Le Projet prévention du VIH chez les adolescents et les jeunes couvrira 15 départements répartis dans des régions de haute prévalence et de vulnérabilité (Littoral, Sud-Ouest, Nord-Ouest, Est, Sud, Ouest et Adamaoua). En raison d’un réajustement survenu en décembre 2015, pour des besoins d’efficacité, le projet a été redimensionné pour ne couvrir désormais que six (06) districts de santé répartis dans les régions du Nord et de l’Ouest, y compris les zones d’urgence apparues du fait de la crise d’insécurité aux frontières des régions de l’Est et de l’Extrême-Nord. Les principales cibles du programme sont les adolescents et les jeunes en milieu scolaire et extrascolaire dans les communautés les plus à risque à l’infection à VIH du fait du contexte socioculturel, économique et géographique.

Les actions menées par le projet portent essentiellement sur la mise en place des Centres d’Information, d’Education et d’Ecoute (CIEE) dans les structures d’encadrement des jeunes, les formations et recyclages des ECE, SPE et PE, de la formation et la mise en place d’une Equipe Cadre Educative (ECE), des Superviseurs Pairs Educateurs (SPE), des Pairs Educateurs (PE) et l’identification des Aires de communication.

Les acteurs de mise en œuvre sont les ministères de la Jeunesse et de l’Education Civique, des Enseignements Secondaires, de l’Enseignement Supérieur, de la Santé, de la Promotion de la Femme et de la Famille, des Organisations de la Société Civile, adolescents et jeunes.

Il est attendu, à l’avenir, la poursuite et le renforcement des actions fructueuses menées, de même que le renforcement de la coordination et de la synergie avec les autres secteurs pour améliorer les résultats et enfin explorer des stratégies innovantes telles que le U-Report pour accroître la participation des adolescents et jeunes aux activités de prévention des IST/VIH/SIDA.

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