Contraception : informer davantage les jeunes adolescentes

Tout autant que les couples adultes et mariés, les jeunes filles pubères doivent être informées des bienfaits des méthodes contraceptives pour une sexualité et une fécondité maitrisées.

 MINJEC planification familiale jeunes filles CONCERNEES

Au Cameroun, nombreuses sont les jeunes filles pubères à se retrouver dans cette situation. ''On s'est rendu compte que les jeunes de moins de 15 ans sont sexuellement actifs. En octobre 2018, le Pr Mbu Robinson, Directeur de la Santé Familiale au Ministère de la Santé Publique tirait la sonnette d'alarme en annonçant qu'il a pratiqué une césarienne sur une fille âgée de 10 ans seulement. Compte tenu de l'ampleur du phénomène, il est urgent que « les jeunes adolescentes à partir de 11 ans soient sensibilisées sur l'utilisation des méthodes contraceptives » indique Adeline Nguematio, cadre à la Direction de la Santé Familiale au Ministère de la Santé Publique.

« Sachez que vous n'avez pas les moyens d'empêcher vos enfants d'être sexuellement actifs. Si vous les gardez enfermés, c'est quand vous les commissionnerez qu'ils s'exerceront » estime le Pr Mbu. Selon le Directeur de la Santé Familiale au Minsanté, il est en effet préférable de donner des conseils sur les méthodes contraceptives pour réduire les dégâts. « C'est mieux d'en parler car pire que des grossesses précoces, les jeunes peuvent plutôt ramener des MST. La réalité est que l'abstinence ne marche plus et les méthodes contraceptives priment » précise le Pr Mbu Robinson dans une interview accordée au journal en ligne Canal Press Agency.

D’après les statistiques obtenus à la clinique des adolescentes de l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé entre janvier 2015 et juin 2016, sur 3869 jeunes filles âgées de 13 à 19 ans, 308 étaient enceintes et 175 complications ont été enregistrées pendant leur accouchement. Une situation jugée alarmante par le Directeur de l'Hôpital lequel a entrepris des journées portes ouvertes en vue de sensibiliser les jeunes filles sur l'importance de l’usage des contraceptifs.

Grossesse précoce, avenir plombé

Il faut relever que les grossesses précoces engendrent dans la plupart des cas des conséquences négatives sur leur devenir social de la jeune adolescente. C'est le cas de Stéphanie D., âgée d’à peine 25 ans et déjà mère d’un enfant de 11ans. Une fillette qu'elle a eue alors qu'elle était élève en classe de 4ème. La jeune fille a dû abandonner ses études. « Je n’ai pas voulu avorter comme me l'a proposé une amie. Malgré les représailles familiales, j'ai tenu bon. Le père de mon enfant m'a abandonné, mes tuteurs m'ont tourné le dos et je me suis retrouvée toute seule ». Aujourd'hui, la jeune femme qui n'a pu terminer ses études, trouver un emploi stable et épanouissant ou encore se lancer dans un petit commerce faute de moyens, travaille comme femme de ménage pour un foyer. « Je rêvais d'un autre destin pour moi. Je suis déçue ». D'autre jeunes filles, enceintes très tôt ont une situation encore plus lamentable que celle de Stéphanie. « Dès qu'elles découvrent leur grossesse, les jeunes filles pensent à l'avortement et nombreuses sont celles qui perdent leur vie des suites de ces actes. D'autres, ont pratiqué des avortements répétés, réduisant leur chance d'être un jour mère », explique Anne-Chantal Nkotto, puéricultrice. Selon la dernière Enquête Démographique et de Santé réalisée au Cameroun en 2011, l’âge médian des premiers rapports sexuels est de 17 ans chez les femmes et 18 ans chez les hommes.

Planification familiale, une solution idoine

La planification familiale ou contrôle des naissances, apparait dans le contexte actuel comme une solution pour le développement social et économique de la jeune fille. Les statistiques révèlent qu'au Cameroun en 2017, l'utilisation des méthodes contraceptives a permis d'éviter 71 000 avortements à risque et 312 000 grossesses non-désirées. Des chiffres qui attestent que le planning familial a un effet considérable sur le développement social et économique de la famille, surtout de la femme et l’adolescente. « Pour le cas de la jeune fille, les grossesses précoces entrainent les déperditions scolaires, elles sont sources de discordes familiales, engendrent dépression et misère et réduit les chances de la jeune fille de s'insérer dans le milieu socio-professionnel », déclare Séraphine Nkede, Conseiller Principal de Jeunesse et d'animation.

Nombreuses sont les jeunes filles en déperdition scolaire suite à une grossesse précoce et non-désirée. Certaines, grâce au soutien de leurs proches, ont réussi à reprendre le chemin de l'école pour se ménager un avenir tandis que d'autres se sont insérées dans le système scolaire informel comme c'est le cas de la jeune Berthe, qui s'est faite inscrire dans le Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes (CMPJ) de son arrondissement afin de bénéficier d'une formation et réussir son insertion socio-professionnelle.

« Nous voulons que les jeunes filles aillent a l'école, deviennent des médecins et des professeurs agrégés comme moi. On ne peut pas empêcher un jeune, le moment venu, d'être sexuellement actif. Il faut essayer de le sensibiliser pour qu'il se protège », explique Pr Mbu Robinson. Une jeune fille sexuellement active a donc tout à y gagner en s'informant sur les méthodes contraceptives existantes. Les chiffres révèlent qu'en 2017, 1 280 000 femmes camerounaises, ont eu recours à la contraception. Les responsables du domaine de la santé familiale espèrent que ce chiffre sera revu à la hausse d'ici 2020 et les adolescentes et jeunes femmes seront en tête de file.

Clarisse Yanpelda

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