Entretien avec Fadimatou Iyawa Ousmanou, présidente du Cnjc

« Les actions prioritaires vont porter sur le vivre ensemble, l’accès à l’emploi et aux formations appropriées, la lutte contre l’insécurité, le civisme et l’accès aux sphères de décisions »

Minjec Cnjc présidente Cnjc

1 - Vous venez d’être élue présidente du Cnjc, quels sentiments vous animent en ce moment ?
Comme vous pouvez le deviner, je ne peux que être animée par un sentiment de joie, mais aussi préoccupée par la lourde charge que mes père viennent de me confier. En me faisant confiance, les électeurs du Cnjc n’ont pas seulement choisi de faire confiance à mon programme, en le faisant ils ont également fais le choix de la coopération et de l’action. Je ne peux que être honorée par leurs choix et la confiance qu’ il ont bien voulu placé en ma personne en me donnant procuration pour diriger pendant ces 3 prochaines années la plate-forme fédérale des associations et mouvement de jeunesse du Cameroun.

2 - De nombreux jeunes attendent de vous voir à l’œuvre, quel est le programme que le bureau que vous conduisez entend mettre à exécution ?
Pour notre mandat, nos premières actions seront certainement développées autour des axes prioritaires qui ont été choisi comme étant le fil conducteur de notre campagne à savoir, le vivre ensemble, l’accès à l’emploi et aux formations appropriées, la lutte contre l’insécurité, le civisme et l’accès aux sphères de décisions.
Vous le savez, le chantier de la jeunesse au Cameroun est vaste et les problèmes que rencontrent mes pairs au quotidien le sont aussi. Cependant les problèmes les plus urgents pour lesquelles mon équipe et moi sommes résolus à nous attaquer sont ceux de l’insertion socio-professionnelle. Vous vous imaginez bien que 72 % de notre population à moins de 35 ans et que parmi ces derniers, 27% sont en situation de chômage et près de 74 % de ceux qui ont accès à un emploi travaillent dans des conditions précaires et très souvent ne parviennent pas à joindre les deux bout. Tout au long de notre mandat, nous allons nous atteler à travailler avec les jeunes, le gouvernement, ainsi que les institutions internationales et d’autres partenaires afin que ce chiffre soit revu à la baisse et que l’action des politiques puisse davantage se traduire dans le quotidien des jeunes. Nous veillerons également à ce que la présence des jeunes, ainsi que leurs voix soient de plus en plus prise en compte au sein des instances de prises de décision Car comme vous le savez bien tous ce qui est fait pour vous sans vous est fait contre vous.

3 - Quelques incidents ont émaillé le processus électoral qui vous a conduit à la tête du Cnjc, avec notamment l’expulsion de certains candidats des lieux de vote, comment comptez-vous ramener les déçus de cette élection ?
Vous savez dans toutes les élections impliquant plusieurs candidatures, il y’ a toujours au final un vainqueur et un vaincu. Cela ne signifie pas que ceux qui ont été battu par mon équipe ou que ceux qui ont été disqualifiés pour quelques raisons que ce soit ne sont pas les meilleurs, ou ne méritent pas de faire partir du Conseil. Tout au contraire, Le Conseil est ouvert à tous les jeunes qui souhaiterais apporter un plus à l’évolution des conditions de la jeunesse camerounaise. Je puis d’ ailleurs vous dire que certains des programmes qui ont été présenté par les candidats recalés sont à notre avis très intéressants. Je pense que le moment venu nous nous rapprocherons d’eux pour en discuter. Ce qu’il faut savoir est que pour notre mandat nous ne comptons pas faire des exclusions. Nous travaillerons avec toutes la jeunesse, peu importe les bords socio-politique de ces derniers. Nos actions ne peuvent avoir de l’impact que si elles sont accompagnées et supportées par nos pairs.
En plus de fédérer toute la jeunesse, le bureau national du CNJC compte mettre à contribution tous les bureaux locaux ainsi que les délégués locaux afin de placer le conseil au centre des revendications et des réflexions visant à apporter des solutions durables aux problèmes prioritaires des jeunes qui sont par exemple le chômage, le sous-emploi, l’ accès à une bonne éducation, l’ amélioration et l’ adéquation des formations, l’ insécurité, l’ accès aux soins de santé, la réduction et l’ amélioration des conditions d’ immigration, la gouvernance…

5 - Vous avez un bureau multiculturel, comment s’est-il constitué ?
Nous avons simplement procédé par des consultations afin de réunir dans notre équipe des jeunes talentueux et suffisamment conscient de la tâche qui nous attend. Bien sûr, ce processus de consultation a été facilité au départ par les textes du Conseil National de la jeunesse qui sont conçu de façon à ce que l’ensemble des dix régions soit représentées au sein du bureau national. Ces certainement ces instruments qui ont favorisé la mise en place du bureau multiculturel dont vous parler et pour lequel nous sommes très fiers. Cependant, notre bureau n’est pas seulement multiculturel, il est aussi parfaitement bilingue et intègre l’ensemble des spécificités de la jeunesse camerounaise. Il en est de même pour beaucoup de nos bureaux au niveau régional, départemental et communal.

6 - Plusieurs jeunes nous ont posé la question de savoir : à quoi sert le Cnjc aujourd’hui, que leur répondez-vous ?
Le Conseil national de la jeunesse est l’instance faitière et fédératrice de toutes les associations et mouvement de jeunesse du Cameroun. A ce titre, il est doté de 03 missions statutaires qui sont celle de mettre en synergie les organisations de jeunesse du Cameroun afin d’accroître la créativité des jeunes et d’optimiser leur potentiel d’action et de participation au développement; de jouer un rôle d’interface entre les organisations de jeunesse, les jeunes ou le jeune d’une part, les pouvoirs publics et les institutions internationales agissant sur les sujets relatifs à la jeunesse, d’autre part ; de préparer et d’assurer la représentation des organisations de jeunesse ou des jeunes aux concertations locales, nationales et internationales.
Le but de notre organisation étant de veiller à la promotion et à l’épanouissement des jeunes du Cameroun. C’est dire que l’organisation que nous sommes désormais appelées à diriger est une organisation dotée des missions consultatives, proactives et représentatives auprès des institutions nationales et internationales agissant sur les questions de jeunesse.
Notre objectif étant de favoriser le dialogue entre les jeunes, les pouvoirs publics, la société civile, les organismes étrangers et internationaux, et assurer la prise en compte de leurs aspirations et la prise en charge de leurs besoins. Mon équipe et moi pensons bien relever ces défis.
Le véritable problème est que beaucoup de jeunes influencés par des articles de presse pensent que le CNJC est une structure au sein de laquelle on brasse beaucoup d’argent et au sein de laquelle on manipule les jeunes. Non, faudrait en finir avec ce tableau-là qui peint très mal notre structure et décourage par la même occasion certains jeunes qui y travaillent de façon bénévole.

7 - Que dites-vous à ceux qui estiment qu’il ne s’agit que d’une chambre de « positionnement » ?
Si le Cnjc était vraiment une chambre de positionnement comme vous le dite et bien ce sont un peu plus de 6000 jeunes, soit 3870 conseillers et 2150 délégués électoraux représentant 430 bureaux sur l’étendue du territoire qui auraient été positionné chaque année. Pour moi, ce serait une bonne chose. Mais pour le moment, ce n’est pas encore le cas. Pour le moment, notre jeune structure qui n’a que neuf années d’existence se contente de respecter ces missions en accompagnant les initiatives porteuses capables de servir à la cause des jeunes. C’est d’ ailleurs l’occasion pour moi de rappeler que la CNJC est une institution apolitique dont les missions sont de mettre en synergie les organisations de jeunesse du Cameroun afin d’accroître la créativité des jeunes et d’optimiser leur potentiel d’action et de participation au développement. A ce titre, permettez-moi de saluer l’action de mes prédécesseurs qui ont en au cours des années passées réussi de mettre sur pieds certains programmes de bourses tel que le CNJC Social Program qui a déjà réussi en trois ans à faire former et insérer plus de 300 jeunes camerounais et la Bourse Panafricaine de l’Economie Numérique qui depuis 2016 a donné l’occasion à 6000 jeunes élèves, étudiants, fonctionnaires et personnes incarcérer de se faire former dans le domaine des nouvelles technologies.

8 - Vous avez trois ans juste pour vous déployer, serez-vous candidate lors de la prochaine élection ?
(Rire) ….le processus électoral au sein du conseil est connu. Pour le moment, je préfère me concentrer sur les trois années à venir.

9- Peut-on s'attendre à un Cnjc plus présent, plus influent dans la vie politique et sociale du pays avec vous à la tête de cet organe?
Le Cnjc est déjà plus présent et plus influent. Souvenez-vous il y’à neuf ans on ne vendait pas cher la tête de cette institution qui, faut-il le signaler fonctionne avec peu de moyen et arrive quand même à réaliser des projets et des plaidoyers. Je suis d’ accord avec vous, il faudrait peut être amélioré notre stratégie de communication en vulgarisant davantage nos actions, et mener davantage de plaidoyer afin que nous soyons davantage pris en compte dans les différentes sphères de décisions de notre pays. Je pense que mon équipe et moi nous nous emploierons afin que notre image soit différemment perçu. Je lance d’ ailleurs un appel sincère et profond à tous mes pères afin qu’ils se mobilisent autour de la cause jeune. Ce n’est qu’en nous mettant en semble que notre voix et nos actions pourront portées plus haut et que des solutions que nous pourrions proposées pour nos problèmes seront acceptées et pourquoi pas adoptées.

10- Que pensez-vous de l’affaire Mida?
Nous constatons simplement et confirmons le fait que les jeunes sont une cible facile très souvent exposés des arnaques et autres escroqueries. Cette situation est favorisée par le sous-emploi, le chômage, l’oisiveté et bien d’autres fléaux qui gangrène notre jeunesse. Face à tous ceci, les jeunes méritent d’être protégés et encadrer. Ce qui se passe avec la Mida est simplement à notre avis la manifestation de ce que les jeunes ont besoins d’information et d’accompagnement sur tous les plans. Ce que j’ai pu comprendre en discutant avec mes pairs est que, les milliers de jeunes ont répondu à une offre qui leur a été faite par une structure qui au final a été déclarée illégale par le Gouvernement. Je pense qu’il est désormais urgent de travailler afin que ce genre d’incident ne se reproduise plus et que les jeunes soient davantage protégés face à ces dérives. Je pense également que nous devons davantage être vigilent et nous rapprocher au maximum des instances compétentes pour nous rassurer des offres douteuses et les dénoncer avant que plus de jeunes ne soient victimes.

11- Vous êtes la première femme à occuper le poste de présidente du Cnjc, quels obstacles avez-vous dû surmonter pour en arriver à ce statut de pionnière?
Le message qui traduit le mieux l’accession d’une jeune dame à la tête du conseil national de la jeunesse du Cameroun, est simplement celui de l’égalité, de l’équité et de la volonté. Vous savez certainement que parmi les trois candidats au poste de président, nous étions deux jeunes dames qui nous sommes battu depuis la base afin d’arriver au sommet. Je suis peut-être la première, mais je préfère ne pas penser à ce statut, même si j’en suis flattée. Je préfère non plus me concentrer sur les obstacles car quand on est leader, on apprend à ne pas regarder derrière mais à aller de l’avant. C’est ceux à quoi je m’attèle actuellement.

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