Bilan du Programme dans le Mayo-Danay
La réunion d’évaluation du Programme National d’Éducation Civique par le Réarmement Moral, Civique et Entrepreneurial qui s’est déroulée au Centre Louis Charpenet de Yagoua le mercredi 10 juin 2026 sous la présidence du ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, a également donné l’occasion aux élites, autorités et chefs traditionnels, de s’étendre sur l’urgence de la consolidation de la paix et de l’autonomisation des jeunes.
Autour du ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, un dispositif impressionnant : le Préfet du Mayo-Danay, Bakari Garba, ainsi que les sous-préfets de six arrondissements clés : Yagoua, Gobo, Kaïkaï, Vélé, Guéré et Wina).

Le décor a été planté par le Délégué départemental du MINJEC, Michel Dangwe, qui a dressé un bilan chiffré particulièrement éloquent des séances de réarmement menées sur le terrain : 246 170 personnes touchées par le réarmement civique, 184 453 pour le réarmement moral, et 3 280 pour le volet entrepreneurial. Sur le terrain, l’Association pour le développement du Mayo-Danay (ADEMADA), dirigée par Mamat Boukar Alipha, s’est imposée comme un pivot. Face au double défi des inondations et des conflits intercommunautaires, l’association a mobilisé plus de 30 millions de FCFA pour secourir les familles sinistrées, tout en multipliant les caravanes de sensibilisation. L’un des moments forts de l’évaluation a été le témoignage des comités ad hoc locaux.

À Gobo, le représentant Ernest Mitlassou, a évoqué le fléau des vols de bétail. Si des tournées de sensibilisation ont permis d’amorcer un calme précaire entre les populations de Gobo et de Bougoudoum, la vigilance reste de mise. À Kaïkaï, le Maire et élite locale, Adokaï Bachir, s’est voulu plus rassurant : « Depuis la tournée, le calme est de retour (…) Les populations ont compris la nécessité de préserver le vivre-ensemble. ». Ce travail de proximité est relayé au quotidien par les médiateurs communautaires. Représentés par Batassou Dieudonné, ces « soldats de la paix » agissent aussi bien sur le terrain physique que sur l’espace digital via des e-médiateurs.

Les gardiens de la tradition ne sont pas en reste. S.M Abdoul-Karim NASSOUROU, Moulna de Wina, a révélé une initiative historique à savoir la création d’une association transfrontalière des Chefs traditionnels Massa du Cameroun et du Tchad. En marge du récent Festival des arts et de la culture Massa, un code de conduite a été élaboré pour éradiquer le vol, les bagarres et l’alcoolisme. Pour régler les nombreux litiges fonciers, les Chefferies privilégient la méthode ancestrale. « Nous sommes restés fidèles à la méthode de l’arbre à palabres qui marche très bien », a souligné le Chef traditionnel. Saluant cette franche collaboration, le Préfet Bakari Garba a tracé la feuille de route pour l’avenir : accentuer la formation professionnelle pour freiner l’oisiveté, combattre l’abus d’alcool et renforcer la spiritualité. En clôturant les travaux, le ministre Mounouna Foutsou a adressé des remerciements appuyés aux forces vives et aux Chefs religieux. Constatant que « le monde est en mutation », le MINJEC a exhorté toutes les composantes à appliquer systématiquement les recommandations formulées, afin de substituer définitivement les bonnes pratiques civiques aux dérives sectorielles.
